La friche est un terrain qui n’est pas cultivé, où poussent les fleurs sauvages et les herbes folles. Un lieu où se terre la sauvagine, et sur lequel se complaisent les dernières espèces en liberté. Un sol laissé à l’abandon, qui ne reçoit ni engrais, ni poison. Qui ignore le soc de la charrue.

Autant dire, vous l’aurez aisément deviné, que les créateurs auxquels est consacré ce modeste site ne figurent pas sur le fronton des temples de l’art officiel et labellisé. Il s’agit essentiellement de personnes de modeste condition: artisans, ouvriers, paysans ou marginaux. N’y voyez surtout pas des excentricités dépourvues de sens, ou de simples objets de curiosité. Vous vous tromperiez lourdement! Dans cette société terriblement organisée, où le cauchemar sera bientôt remboursé par la sécurité sociale, ils nous offrent le rêve! Dans un monde désenchanté, ces hommes et ces femmes nous ouvrent les portes du merveilleux. A travers ces œuvres qui conjuguent jubilation et subversion, ils révèlent une inventivité débridée. Voyons-y les manifestations d’une imagination sans borne et délivrée de toute contrainte.




Joe Ryczko.



samedi 19 février 2011

Fernand Michel et ses "Imaginaires zincifères".


Conçu à la manière d'un catalogue irraisonné, au diapason du personnage flamboyant que fut Fernand Michel, voilà un ouvrage remarquable rédigé par Frédéric Allamel. Abondamment illustré, habilement construit, il nous livre une étude extrêmement fouillée de l'oeuvre de l'artiste zingueur. Le ton facétieux, des notes pleines d'humour, une pointe d'irrévérence, en font toute la saveur. Voilà un livre plaisant, dans l'esprit de l'artiste, qu'il convient de se procurer auprès de l'Association pour le Développement de l'Art Brut et Singulier, 68, rue de Lunaret, 34000 Montpellier (32 euros). L'association a le projet d'ouvrir un musée à Montpellier, début 2012. Le permis de construire a été accepté. Espérons que cette heureuse initiative puisse se concrétiser prochainement.


[Illustration: Fernand Michel, "Le petit voyeur", Collection M. et J. Assabgui, 1979. Source: castelnaulelez.blogs.midilibre.com]

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